Belle revanche pour Dave-Id, lui qui fut moqué, parfois regardé comme un retardé mental et rejeté par les autres enfants. Lui qui vit son enfance marquée par la maladie (près d’un an de combat contre la méningite, avec des séquelles à vie) et la mort de sa mère, se trouve aujourd’hui auréolé du statut d’artiste culte suite à ses années avec les Virgin Prunes, puis les Prunes mais, et c’est là le le plus beau de l’histoire, également en solo.
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Loin des ambiances post-punk et goth abordées avec ses camarades irlandais, Dave-Id travaille ici avec des musiques mêlant allègrement une certaine fraîcheur dépouillée, une forme de pop exigeante ni réellement dansante, ni vraiment lounge non plus, plutôt un mix de cabaret, d’électro, de dark wave, avec un zest de trip hop (‘Can not wait till the morning’) le tout assemblé dans une philosophie décalée. Cette combinaison permet à notre homme d’axer son timbre sur ses consonances les plus mélancoliques, chantant et récitant dans une technique proche de celle de David Tibet (Current 93). Il se révèle magistral une fois encore, plus posé, moins écorché mais toujours aussi poignant. La fusion entre les accords simples et marquants du Japonais et du timbre cassé de l’Irlandais fonctionne à merveille. Ce dernier trouble le breuvage en apportant sans crier gare une touche ou deux de son pays comme sur ‘Story from the wood’ ou ‘Castal muck’ interprété par son vieux pote Guggi. A noter que la technique a capella offre à Dave-Id l’occasion d’instants de folie proches du théâtre de l’absurde sur ‘Sunday blues’, une nouvelle version de ‘Who wants to look like Dave-Id’ et surtout ‘Dirty talk’ avec un tel talent qu’on se demande comment il se fait qu’il n’ait jamais joué dans des pièces. Si j’étais un auteur contemporain, j’engagerais ce mec sans la plus petite hésitation…Belle revanche, oui, que la vie a offert ce petit crevard des quartiers populaires et si l’esprit Virgin Prunes vous manque, tapez-vous l’écoute de ‘Sick for her love’ où il fait des merveilles, vous allez en redemander. Bien joué mon vieux Busaras !